Ce qui change au 1er septembre 2026 : Budget, retraite, gaz, arrêts maladie
Gaz plus cher, arrêts maladie plafonnés, indemnisation chômage réduite… Voici les mesures qui entrent en vigueur et leur impact concret sur ton budget.
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Chaque rentrée apporte son lot de nouveautés. Mais le 1er septembre 2026 est particulièrement chargé : hausse du gaz, nouvelles règles pour les arrêts maladie, réforme de la facturation électronique, évolution des aides à la rénovation… Autant de changements qui touchent directement ton portefeuille et ta vie quotidienne.
Je te fais un tour d’horizon complet et chiffré de ce qui change au 1er septembre 2026, avec des conseils concrets pour t’adapter sans stress.
Les changements majeurs à connaître
Voici les 6 principaux changements qui entrent en vigueur à compter du 1er septembre :
- Arrêts maladie plafonnés : première prescription limitée à 31 jours, prolongation à 62 jours.
- Facturation électronique : toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques.
- Rupture conventionnelle : durée d’indemnisation chômage réduite à 15 mois pour les moins de 55 ans.
- Prix du gaz : hausse moyenne de 5,6 %, soit environ 103 € de plus par an pour un foyer chauffé au gaz.
- Retraite : réforme suspendue, relèvement de l’âge légal ralenti, calcul plus favorable aux parents.
- Voiture électrique d’occasion : nouvelle prime, à partir de 337 € et jusqu’à 5 500 € pour les taxis.
Ces mesures sont issues de la loi de financement de la Sécurité sociale et de plusieurs décrets publiés cet été. Décortiquons chacune d’elles.
Arrêts maladie : Des durées désormais plafonnées
C’est l’une des mesures les plus commentées. À compter du 1er septembre 2026, la durée des arrêts maladie est encadrée. Une première prescription est limitée à 31 jours, et chaque prolongation à 62 jours. Le plafond s’applique à chaque prescription, pas à la durée totale de l’arrêt.
Concrètement, si ton médecin te prescrit un arrêt de 45 jours d’emblée, il devra justifier cette durée ou la réduire. La règle vaut aussi pour les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes. Au-delà du plafond, une dérogation est possible : le praticien doit alors justifier sur la prescription la nécessité d’une durée plus longue, en s’appuyant sur les recommandations de la Haute Autorité de santé.
Cette mesure vise à réduire le nombre d’arrêts de travail, qui a augmenté d’environ 10 % entre 2019 et 2024. Pour toi, salarié, l’impact est simple : en cas de maladie longue, tu devras renouveler ton arrêt plus souvent, avec une visite médicale à chaque fois.
Facturation électronique : Ce que les entreprises doivent faire
La réforme de la facturation électronique franchit une nouvelle étape, et elle concerne plus de 10 millions d’acteurs économiques selon le gouvernement. À partir du 1er septembre, toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs, doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. L’obligation d’émettre s’applique dès maintenant aux grandes entreprises et aux ETI, puis aux PME et TPE à partir du 1er septembre 2027.
Les factures doivent utiliser des formats structurés ou hybrides (comme Factur-X) et transiter exclusivement par des plateformes agréées par l’État. L’objectif est de récupérer environ 3 milliards d’euros de TVA égarée chaque année.
Un point pratique que peu d’articles mentionnent : il existe actuellement 166 plateformes agréées, dont seulement 17 proposent une offre gratuite, parfois sous conditions de volume ou de durée. Pour les autres, comptez quelques dizaines d’euros par mois — un coût qui passe mal auprès des indépendants, à qui un service public gratuit avait initialement été évoqué.
Bonne nouvelle malgré tout : l’administration fiscale a annoncé une période de tolérance jusqu’à la fin de l’année pour les « retardataires de bonne foi ». Les sanctions financières (jusqu’à 15 000 € par an) ne seront pas appliquées immédiatement. Mais ne traîne pas : la mise en conformité prend du temps, et beaucoup de structures n’ont pas encore choisi leur plateforme.
Rupture conventionnelle : Une indemnisation réduite
Si tu envisages une rupture conventionnelle, attention : les règles d’indemnisation chômage changent. Pour les contrats qui se terminent à partir du 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation est réduite.
- Moins de 55 ans : 15 mois au lieu de 18.
- 55 à 56 ans : 20,5 mois au lieu de 22,5.
- 57 ans et plus : 20,5 mois au lieu de 27 — soit 6,5 mois perdus, ce sont les grands perdants de la réforme.
Ce qui compte, c’est la date de fin de contrat, pas la date de signature. Si ta rupture conventionnelle a été signée en juillet mais que ton contrat se termine en septembre, les nouvelles règles s’appliquent.
Pourquoi cette mesure ? Parce que les ruptures conventionnelles représentent désormais plus d’un quart des dépenses d’assurance chômage, avec 515 000 signatures en 2024.
Pour les résidents d’Outre-mer (hors Mayotte), les durées restent plus longues : 20 mois pour les moins de 55 ans, 30 mois pour les 55 ans et plus.
Prix du gaz : Une hausse qui pèse sur le budget
Le tarif repère du gaz augmente de 5,6 % au 1er septembre 2026, selon la Commission de régulation de l’énergie. Il atteint 172,05 € TTC/MWh, contre 162,89 € en août — après une hausse en juillet et une légère baisse en août.
Pour un foyer chauffé exclusivement au gaz, cela représente un surcoût de plus de 103 € sur l’année. Cette hausse est liée aux tensions sur les marchés du gaz, dans le contexte du conflit persistant au Moyen-Orient.
Mais nuance : le tarif repère n’est qu’un indicateur. Chaque fournisseur reste libre de fixer ses prix. Comparer les offres peut t’aider à limiter l’impact sur ta facture.
Retraite : Ce qui change pour les parents et les carrières longues
La réforme des retraites qui portait l’âge légal à 64 ans est suspendue. Attention à une idée reçue : cela ne veut pas dire que l’âge revient à 62 ans pour tout le monde. Le relèvement est ralenti, pas annulé.
| Année de naissance | Âge légal de départ |
|---|---|
| 1964, et janvier à mars 1965 | 62 ans et 9 mois |
| Avril à décembre 1965 | 63 ans |
| 1966 | 63 ans et 3 mois |
| 1967 | 63 ans et 6 mois |
| 1968 | 63 ans et 9 mois |
| À partir de 1969 | 64 ans |
Le décalage s’applique aussi au nombre de trimestres nécessaires pour partir, et la suspension a des effets sur les carrières longues pour les générations 1964 à 1968.
Deux évolutions favorables entrent par ailleurs en vigueur. D’abord, jusqu’à deux trimestres accordés pour la naissance, l’éducation ou l’adoption d’un enfant comptent désormais pour accéder au départ anticipé en carrière longue — une mesure qui devrait permettre à de nombreuses femmes de partir plus tôt.
Ensuite, le calcul du salaire de référence ne se fait plus sur les 25 meilleures années pour les parents, mais sur les 24 meilleures années pour un enfant et les 23 meilleures années à partir de deux enfants. Mécaniquement, cela augmente le montant de la pension.
MaPrimeRénov’ : Le gaz exclu des rénovations d’ampleur
Les conditions de MaPrimeRénov’ se durcissent. À partir du 1er septembre 2026, les rénovations d’ampleur ne sont plus éligibles si un chauffage au gaz est conservé après les travaux. Il faut opter pour des systèmes de chauffage et de production d’eau chaude décarbonés. Cette évolution s’inscrit dans le plan d’électrification des usages, et concerne les maisons individuelles.
Autre changement majeur : l’Agence nationale de l’habitat cesse de financer certains travaux pris isolément. Ne sont plus éligibles seuls l’isolation des combles et de la toiture, le remplacement des fenêtres, les poêles à granulés ou à bûches et les autres équipements au bois, ainsi que certains systèmes de ventilation. Ces travaux doivent désormais s’intégrer dans un projet de rénovation globale.
Si tu avais prévu ce type de travaux, vérifie ton éligibilité avant de lancer les devis : un projet monté en juillet peut ne plus passer en septembre.
Voiture électrique d’occasion : Combien tu peux toucher
C’est la mesure la plus concrète de cette rentrée pour beaucoup de ménages : une prime financée par les certificats d’économie d’énergie (CEE) pour l’achat ou la location d’un véhicule 100 % électrique d’occasion. Elle est versée sans conditions de ressources.
Le montant de base s’élève à 337 €, mais il grimpe fortement pour certains professionnels : environ 2 000 € de majoration pour les métiers de l’aide à domicile et les services à la personne, et jusqu’à 5 500 € pour les taxis. Le montant exact dépend de l’opérateur auprès duquel tu déposes ta demande — il vaut donc la peine d’en comparer plusieurs.
Les conditions à remplir :
- véhicule 100 % électrique, immatriculé pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023 ;
- acheté ou loué auprès d’un professionnel de l’automobile habilité ;
- batterie à 80 % minimum de sa capacité initiale, ou autonomie résiduelle d’au moins 200 km ;
- prix maximum de 25 000 € et masse maximale de 1 800 kg — ce dernier critère élimine beaucoup de voitures familiales ;
- engagement à conserver le véhicule trois ans.
Une aide distincte existe par ailleurs pour les « gros rouleurs » — ménages des 6e à 8e déciles qui dépendent de leur véhicule pour leur activité et parcourent au moins 12 000 km par an — pouvant atteindre 7 600 € pour un véhicule fabriqué en Europe.
En résumé : Ce qui change pour ton budget
Voici un tableau récapitulatif des principaux changements et de leur impact chiffré :
| Changement | Impact chiffré | Public concerné |
|---|---|---|
| Prix du gaz | +5,6 % (172,05 € TTC/MWh), +103 €/an pour un foyer | Ménages chauffés au gaz |
| Arrêts maladie plafonnés | 31 jours (1ʳᵉ prescription), 62 jours (prolongation) | Salariés en arrêt |
| Rupture conventionnelle | 15 mois (moins de 55 ans), 20,5 mois (55 ans et +) | Salariés en rupture conventionnelle |
| Facturation électronique | Réception obligatoire dès 2026, émission en 2027 pour les PME | Toutes les entreprises |
| MaPrimeRénov’ | Chauffage gaz exclu, isolation seule non finançable | Propriétaires |
| Retraite | 62 ans 9 mois à 64 ans selon la génération, calcul sur 24/23 meilleures années pour les parents | Parents, carrières longues |
| Voiture électrique d’occasion | 337 € de base, ~2 000 € (aide à domicile), jusqu’à 5 500 € (taxis) | Acheteurs de véhicules électriques d’occasion |
| Taxe PFAS | 100 € par 100 g de polluants rejetés dans l’eau | Industriels (répercussion possible sur les prix) |
Comment t’adapter à ces changements ?
Plutôt que de subir, tu peux agir dès maintenant avec ces actions concrètes.
Compare ton fournisseur de gaz
La hausse du tarif repère ne signifie pas que tous les fournisseurs augmentent leurs prix. Utilise un comparateur en ligne pour voir si une offre moins chère existe. Quelques minutes suffisent, et l’économie peut atteindre plusieurs dizaines d’euros par an.
Anticipe la facturation électronique
Si tu es indépendant ou dirigeant de PME, choisis dès maintenant une plateforme agréée et forme tes équipes. Commence par les 17 offres gratuites : elles suffisent souvent aux petits volumes. La période de tolérance s’arrête à la fin de l’année.
Vérifie ton éligibilité aux aides
Que ce soit pour la voiture électrique d’occasion ou pour MaPrimeRénov’, les conditions changent vite. Fais une simulation en ligne avant de t’engager. Pour MaPrimeRénov’, si tu as un projet d’isolation, envisage de le coupler avec un changement de chauffage pour rester éligible.
Prépare ton budget pour les échéances fiscales
Le solde d’impôt sur le revenu restant à payer sera prélevé sur ton compte à partir de septembre, en une ou plusieurs fois. Si ton solde est important, une méthode des enveloppes t’aidera à le provisionner sans découvert.
Surveille les répercussions indirectes
La taxe pollueur-payeur sur les PFAS (100 € pour 100 grammes rejetés dans l’eau) et la nouvelle grille des prix du tabac entrent aussi en vigueur. Elles ne te concernent pas toutes directement, mais elles peuvent se répercuter sur les prix de certains produits.
📌 Ce qu’il faut retenir
Le 1er septembre 2026 marque un tournant pour ton budget et tes démarches administratives. Voici l’essentiel à retenir.
- 👉 Gaz : +5,6 % de hausse, soit environ 103 € de plus par an. Compare les fournisseurs pour limiter l’impact.
- 👉 Arrêts maladie : Plafonnés à 31 jours (1ʳᵉ prescription) et 62 jours (prolongation), avec dérogation médicale possible.
- 👉 Rupture conventionnelle : 15 mois pour les moins de 55 ans, 20,5 mois au-delà. Les 57 ans et plus perdent 6,5 mois.
- 👉 Retraite : L’âge légal va de 62 ans 9 mois à 64 ans selon ta génération. Vérifie la ligne qui te concerne.
- 👉 Voiture électrique : 337 € de base, jusqu’à 5 500 € pour les taxis. Sans conditions de ressources.

